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Comment trouver des fournisseurs engagés dans la décarbonation ?

BTP ecologie et batiment

On ne trouve pas des fournisseurs engagés dans la décarbonation en consultant un annuaire : il faut les qualifier sur preuves, puis les faire émerger par ses propres consultations. La démarche tient en trois mouvements : définir ce que le mot engagé recouvre concrètement pour un fournisseur, chercher aux endroits où les entreprises déjà avancées se signalent, puis structurer ses appels d’offres pour que l’engagement devienne un avantage compétitif chez les candidats. Dans la plupart des secteurs, les biens et services acquis concentrent 60 à 90 % des émissions indirectes de l’entreprise : le sujet n’est donc pas périphérique, c’est la principale variable d’action sur votre trajectoire climat.

 

À retenir

  • Un partenaire engagé se reconnaît à ses preuves, pas à ses déclarations d’intention.
  • C’est une discipline à part entière, avec ses règles écrites et son suivi dans le temps.
  • Cinq preuves suffisent : un inventaire d’émissions, une trajectoire datée, une empreinte produit, des actions concrètes en cours, et la transparence sur les données.
  • Les sources de sourcing utiles sont les labels sectoriels, les plateformes d’évaluation, les dispositifs publics d’accompagnement à la transition et les filières professionnelles.
  • La consultation reste le meilleur outil : un critère environnemental pondéré fait émerger les candidats sérieux plus vite qu’une recherche amont.
  • Depuis la directive Omnibus, vous ne pouvez plus exiger d’un fournisseur de moins de 1 000 salariés plus d’informations que ce que prévoit le standard VSME.
  • Quand aucun acteur du segment n’est prêt, mieux vaut accompagner un fournisseur existant que d’attendre.
  • Le carbone se traite comme un critère de sélection, au même titre que le prix, la qualité et le délai.

3 Sommaire

Que veut dire « engagé » ? Trois niveaux de preuve

Le mot recouvre des réalités très inégales. Cette échelle simple évite les malentendus.

Niveau Ce que produit l’entreprise Valeur pour vous
Déclaratif Charte signée, page dédiée sur le site, adhésion à une initiative Faible, rien de vérifiable
Démarche Bilan réalisé, plan d’action formalisé, certification de management Moyenne, montre une organisation structurée
Résultat Trajectoire chiffrée suivie dans le temps, mesure vérifiée, réductions constatées Forte, utilisable dans votre inventaire

L’erreur classique consiste à noter le niveau déclaratif comme s’il valait le troisième, quel que soit le mode de preuve fourni. Une charte engage son signataire à peu de choses ; une empreinte calculée selon la norme ISO 14067 engage sa responsabilité.

Guide 7 avantages à réaliser le bilan carbone

Comment pérenniser et renforcer son entreprise par une trajectoire bas-carbone réussie.

Les cinq preuves à demander

    1. Un inventaire à jour. Un bilan couvrant les scopes 1, 2 et les postes significatifs du scope 3, avec l’année de référence et la méthode employée. Un inventaire de plus de trois ans ne prouve rien sur la situation actuelle.
    2. Une trajectoire datée. Un objectif de réduction exprimé en pourcentage, avec une échéance et un point de départ, inscrit dans un plan de décarbonation. La validation par l’initiative SBTi apporte une garantie supplémentaire, mais elle n’est pas indispensable pour une PME.
    3. Une mesure sur la référence que vous achetez. C’est la seule information qui alimente votre comptabilité et permet de comparer deux offres.
    4. Des actions engagées, pas seulement prévues. Substitution de matières, changement de mix énergétique, report modal, écoconception : demandez ce qui a été fait l’an dernier, pas ce qui est prévu pour 2030.
    5. La transparence sur les données. Une organisation qui accepte de partager sa méthode de calcul, ses hypothèses et ses limites est plus fiable qu’un autre qui communique un chiffre rond sans explication.

Où chercher ?

 

Source Ce qu’on y trouve Limite
Labels et certifications sectorielles Entreprises ayant fait vérifier une démarche par un tiers Un label ne dit rien de ce qui est livré
Plateformes de notation extra-financière Comparaison entre candidats Note une entité, pas une référence
Dispositifs publics et agences Entreprises accompagnées dans un diagnostic Couverture partielle selon les régions
Fédérations professionnelles et pôles de compétitivité Acteurs et experts mobilisés sur une filière précise Vision sectorielle, parfois promotionnelle
Votre panel actuel Les comptes déjà en place, souvent plus avancés qu’on ne le croit Suppose de les interroger vraiment
Consultations et appels d’offres Les candidats qui acceptent de se soumettre à un critère environnemental Demande de structurer le cahier des charges

 

Le dernier point mérite d’être souligné. La plupart des acheteurs cherchent en amont, alors que la consultation elle-même est le meilleur révélateur : des critères pondérés et documentés font apparaître en quelques semaines quels fournisseurs d’un marché sont réellement prêts.

Le panorama des référentiels utiles

 

Référentiel Ce qu’il atteste À qui il s’applique
ISO 14067 L’empreinte carbone d’un produit sur son cycle de vie Produits et services
ISO 20400 La politique de sourcing responsable de l’acheteur Votre propre organisation
Validation SBTi Un objectif de réduction aligné sur une trajectoire climat scientifique Entreprises de toutes tailles
Notations extra-financières La maturité globale d’une politique interne Prestataires de biens et de services
Programmes ADEME du transport Les engagements de réduction d’un transporteur ou d’un chargeur Transport et logistique

 

Deux principes de lecture. Un référentiel de management prouve qu’il existe des processus, pas qu’il y a des résultats. Et une note globale ne remplace jamais une mesure sur la référence achetée : les deux se complètent, elles ne se substituent pas.

Faire émerger l’engagement dans une consultation

 

C’est le levier le plus rapide, et il ne coûte rien.

  • L’écrire dans le cahier des charges. Une demande formulée dès la consultation obtient un taux de réponse sans commune mesure avec une sollicitation envoyée après l’attribution.
  • Pondérer. Entre 10 et 20 % de la note suffisent à modifier les comportements. En dessous, le critère est ignoré ; au-dessus, il déséquilibre le jugement technique.
  • Noter la preuve, pas la promesse. La grille doit distinguer les trois niveaux vus plus haut, sans quoi le plus habile en communication gagne.
  • Ouvrir les variantes. Un candidat qui propose une solution moins émettrice mais différente du cahier des charges initial doit pouvoir la présenter.
  • Prévoir une clause de progrès. Elle transforme un engagement de campagne en obligation contractuelle, avec des objectifs suivis dans le temps.

Attention au plafond de la chaîne de valeur

Un point nouveau doit être intégré à vos questionnaires. Depuis l’entrée en vigueur de la directive Omnibus I, le 18 mars 2026, une entreprise soumise à la CSRD ne peut plus exiger d’un fournisseur de moins de 1 000 salariés des informations de durabilité allant au-delà du standard volontaire VSME, élaboré par l’EFRAG. Ce plafond de chaîne de valeur, prévu à l’article 29d, devient d’application obligatoire au 1er janvier 2027.

La conséquence pratique est double. Vos questionnaires envoyés à des PME doivent être calibrés sur ce standard, soit une centaine d’indicateurs simplifiés, et non sur les exigences complètes des normes européennes. Et un candidat qui produit un rapport conforme répond du même coup à l’ensemble de ses donneurs d’ordre, ce qui améliore nettement le taux de réponse.

Repérer le greenwashing : six signaux

 

  • Un objectif de neutralité annoncé sans trajectoire intermédiaire ni périmètre précisé.
  • Des tonnes compensées présentées comme une réduction d’émissions.
  • Un chiffre communiqué sans unité fonctionnelle ni périmètre de cycle de vie.
  • Un refus de transmettre la méthode de calcul, au motif de la confidentialité, sur une donnée pourtant destinée à être partagée.

Aucun de ces signaux n’est disqualifiant à lui seul. Deux ou trois réunis justifient de demander des pièces avant de noter, ou de faire appel à des experts pour un avis externe.

Et s’il n’existe aucun acteur engagé sur le segment ?

C’est fréquent sur les segments techniques ou très fragmentés. Quatre réponses possibles, par ordre d’efficacité.

  • Accompagner un partenaire existant. Financer son premier bilan carbone coûte moins cher qu’un changement de source, et crée une relation durable. Le dispositif public Diag Décarbon’Action prend en charge une part significative du coût pour les entreprises de moins de 500 salariés, ce qui rend l’argument facile à porter.
  • Engager du volume. Un industriel investit rarement dans sa décarbonation sans visibilité commerciale. Un engagement pluriannuel change le calcul de rentabilité de son côté.
  • Mutualiser la demande. Plusieurs organisations clientes d’un même producteur qui formulent la même exigence obtiennent un résultat qu’aucun n’obtiendrait seul. Les fédérations professionnelles sont utiles pour cela.
  • Co-développer. Sur les matières et les emballages, l’écoconception conjointe entre les deux bureaux d’études donne les écarts les plus importants.

Un rappel utile : réduire la friction reste le premier levier. Chez Decarbo’Solution®, la première empreinte produit de chaque fournisseur est offerte, précisément pour lever le blocage initial.

Le sourcing responsable, un processus en cinq étapes

Chercher des partenaires engagés n’est pas une opération ponctuelle : c’est un processus d’achat, qui se formalise et se répète. Il suit la même logique qu’une consultation classique, avec des critères élargis et un raisonnement en coûts complets plutôt qu’en prix d’achat.

Étape Ce qu’on y fait Livrable
1. Politique Définir la stratégie, les exclusions et les priorités par famille Une politique d’achats responsables écrite
2. Analyse du besoin Interroger le besoin lui-même avant de chercher une offre Un cahier des charges revu
3. Recherche et présélection Identifier les candidats, puis filtrer sur des exigences écrites Une liste courte documentée
4. Notation Comparer les offres sur la qualité, les coûts, les délais et l’impact Une grille pondérée
5. Contractualisation et suivi Inscrire les engagements dans le contrat, suivre les résultats Une fiche de suivi par compte stratégique

L’étape 2 est la plus négligée et la plus rentable : une part importante de l’impact se supprime en révisant une spécification trop exigeante ou en mutualisant un besoin, avant même de comparer des offres. L’étape 5 distingue une démarche sérieuse d’une opération de communication : la mise en place d’une revue annuelle par compte stratégique suffit dans la plupart des organisations.

Que mettre dans la fiche d’évaluation ?

Critère Pondération indicative Mode de preuve attendu
Conditions commerciales 40 à 60 % Offre chiffrée
Niveau de service 20 à 30 % Références, certifications du métier
Performance environnementale 10 à 20 % Inventaire, mesure vérifiée, plan de réduction
Maîtrise des aléas 5 à 15 % Dépendance, localisation des sites, continuité

Ces pondérations sont indicatives et se discutent famille par famille. Le point important est qu’elles soient écrites avant la consultation, et communiquées aux candidats.

Sourcing responsable et gestion des risques

La dimension environnementale n’est qu’une entrée. Les plus avancés traitent le sujet comme une maîtrise des aléas amont, ce qui élargit la question à quatre familles.

  • L’aléa physique. Sécheresses, inondations et vagues de chaleur affectent la disponibilité de certaines fournitures et la continuité de service de vos partenaires.
  • L’exposition réglementaire. Un partenaire incapable de documenter ses rejets vous expose sur le MACF, sur les marchés publics et sur les demandes de vos propres clients.
  • L’atteinte à l’image. Une chaîne mal maîtrisée finit par se voir, et le sujet est désormais traité par la presse spécialisée comme par les investisseurs.
  • Le risque de dépendance. Une source unique reste la vulnérabilité la plus commune, quelle que soit sa performance par ailleurs.

Cette lecture par les risques est plus efficace en interne que l’argument climatique seul : elle parle le langage des directions financières et ancre le sujet dans le métier de l’acheteur. C’est de cette manière que la fonction achats devient un lieu de création de valeur et non un centre de coûts.

Trois profils, trois façons de qualifier

Tous les candidats ne se ressemblent pas, et les exigences doivent s’adapter à leur taille.

Profil Ce qu’on peut attendre Ce qu’il faut demander
Grand groupe soumis à la CSRD Un rapport de durabilité publié, des objectifs climat validés, des experts dédiés La donnée sur la référence achetée, pas le rapport groupe
ETI structurée Un bilan carbone à jour, une stratégie climat, parfois une certification La trajectoire chiffrée et les actions réalisées l’an dernier
PME accompagnée Un premier inventaire, souvent réalisé dans un dispositif public Les consommations d’énergie et les émissions des scopes 1 et 2

Le troisième profil est le plus intéressant à travailler : une PME qui vient de réaliser son premier bilan est motivée à le valoriser, et elle répondra plus vite qu’un grand groupe.

Un fournisseur engagé coûte-t-il plus cher ?

C’est l’objection la plus fréquente en comité d’achats, et elle mérite d’être traitée de front. Trois observations de terrain.

D’abord, l’engagement ne se paie pas systématiquement. À qualité et prix comparables, l’écart entre deux offres concurrentes atteint couramment 30 %, sans écart de tarif : le choix est alors gratuit, seule la donnée manquait pour le voir.

Ensuite, les actions les plus rentables réduisent aussi ses coûts : efficacité énergétique, réduction des rebuts, optimisation des emballages et du transport. Celui qui a travaillé son énergie maîtrise souvent mieux son prix de revient que celui qui ne l’a pas fait.

Enfin, le calcul doit intégrer ce que la donnée rapporte. Sur les importations soumises au mécanisme d’ajustement aux frontières, les valeurs réelles remplacent des valeurs par défaut majorées et réduisent l’assiette taxable de l’ordre de 38 %. Dans la commande publique, où l’exigence environnementale est désormais obligatoire, elle devient un facteur de gain d’appels d’offres.

Le surcoût existe parfois, sur des fournitures bas carbone encore rares sur le marché. Il se traite alors comme un investissement, avec un engagement de volume en contrepartie.

Mesurer les résultats

Indicateur Ce qu’il révèle Fréquence
Part de la dépense couverte par un inventaire à jour Maturité réelle du panel Semestrielle
Écart de performance entre le meilleur et le moins bon compte d’une famille Marge de progression accessible Annuelle
Part des consultations comportant une pondération environnementale Ancrage dans les pratiques internes Semestrielle
Nombre de comptes accompagnés Effort d’entraînement de la filière Annuelle

Les erreurs les plus fréquentes

  • Chercher l’acteur parfait plutôt que celui qui progresse et le documente.
  • Confondre une certification de management avec une mesure sur ce qui est livré.
  • Envoyer un questionnaire de quarante lignes à l’ensemble du panel au lieu de cibler les familles critiques.
  • Demander à une PME ce que le plafond de chaîne de valeur ne permet plus d’exiger.
  • Négliger l’énergie et le transport, deux postes où les écarts entre candidats sont les plus lisibles.
  • Noter l’engagement une fois, à l’attribution, puis ne plus jamais le vérifier en gestion courante.
  • Faire porter le sujet par la direction RSE seule, sans mandat sur la décision d’achat ni relais dans le métier achats.

Comment Decarbo’Solution® accompagne cette recherche

Un sourcing responsable suppose des données comparables, pas des déclarations. Notre plateforme couvre la chaîne complète sur un socle unique : Decarbo’Inventory® pour votre inventaire, Decarbo’Supply® pour transformer le poste achats en outil de sélection et d’analyse, Decarbo’Commit® pour conduire la campagne de collecte, My-PCF® pour les empreintes produit normées ISO 14067, Decarbo’Tender® pour intégrer le critère dans vos consultations, Decarbo’Transport® pour la logistique en données primaires. Une suite intégrée plutôt qu’un empilement d’outils, ce qui explique notre formule maison du SaaS carbone qui génère du cash. Nous tenons à votre disposition, sur simple demande, nos documents méthodologiques sur les achats responsables et l’empreinte produit.

FAQ

Par quoi commencer si le panel compte des centaines de comptes ?

Par la cartographie des dépenses et le repérage des familles qui concentrent 80 % de l’exposition. La qualification porte ensuite sur vingt à cinquante comptes, rarement davantage.

Que demander à une petite entreprise ?

Ce que prévoit le standard volontaire pour les PME, et rien de plus si elle compte moins de 1 000 salariés. Concrètement : consommations d’énergie, émissions des scopes 1 et 2, et quelques informations sociales.

 

Faut-il privilégier les fournisseurs locaux ?

Pas systématiquement. Le sourcing local réduit le transport, qui pèse en général moins que la production. Un producteur éloigné mais peu intensif peut afficher une empreinte inférieure à un voisin en filière carbonée.

 

Combien de temps prend la mise en place ?

Deux à quatre semaines pour la cartographie et la priorisation, six à douze mois pour obtenir des données solides sur les comptes prioritaires. La création d’une politique d’achats formalisée prend en général un trimestre.

Et si un partenaire refuse toute démarche ?

Documenter le refus, appliquer un facteur sectoriel par défaut dans votre inventaire, et réexaminer la relation à l’échéance du contrat. Sur un marché concurrentiel, le refus se raréfie dès que la pondération est connue.