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SFDR : définition, fonctionnement et évolutions en cours

BTP ecologie et batiment

Le SFDR, pour Sustainable Finance Disclosure Regulation, est le règlement européen 2019/2088 relatif à la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers. La définition du SFDR tient en une phrase : il oblige les acteurs des marchés financiers à dire clairement, et selon un format commun, comment ils intègrent les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance dans leurs produits d’investissement. Applicable depuis mars 2021, il vise deux objectifs : donner aux investisseurs une base de comparaison fiable, et lutter contre l’écoblanchiment. Le SFDR concerne directement les sociétés de gestion et les assureurs, mais il ruisselle jusqu’aux entreprises de l’économie réelle, à qui les investisseurs réclament des données ESG de plus en plus précises. Pour les entreprises, cette pression s’ajoute aux démarches RSE déjà engagées.

 

À retenir

  • Le SFDR est un règlement de transparence, pas un label de qualité.
  • Il s’applique aux acteurs des marchés financiers et aux conseillers, pas aux entreprises industrielles.
  • Les produits se répartissent aujourd’hui entre les articles 6, 8 et 9 du SFDR, selon leur ambition en matière de durabilité.
  • Les obligations existent à deux niveaux : celui de l’entité et celui du produit financier.
  • Une refonte, dite SFDR 2.0, est en cours de négociation depuis la proposition de la Commission du 20 novembre 2025.
  • Pour une entreprise non financière, l’effet concret du SFDR est la demande croissante de données ESG par ses financeurs.

3 Sommaire

SFDR : définition et objectif

 

La définition officielle renvoie au règlement 2019/2088, mais le texte part d’un constat simple. Avant 2021, chaque société de gestion communiquait sur la durabilité de ses fonds avec ses propres critères et son propre vocabulaire. Comparer deux produits était impossible, et l’écart entre la promesse commerciale et la réalité du portefeuille échappait à tout contrôle.

Le SFDR impose donc un cadre commun de publication. Il ne dit pas à un gestionnaire ce qu’il doit acheter ou exclure : il lui impose de déclarer ce qu’il fait, comment il le fait, et avec quels indicateurs. C’est une logique de transparence, à distinguer d’une logique de norme minimale.

Cette nuance explique une bonne partie des malentendus. Un fonds classé article 8 n’est pas un fonds certifié durable : c’est un fonds dont le gestionnaire déclare promouvoir des caractéristiques environnementales ou sociales.

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Tout d’abord, l’utilisation de GCI a permis une réduction significative de l’incertitude du Bilan GES , notamment du scope 3, en passant d’une incertitude de 50% à 5%. Le groupe dispose donc de données précises à 95%.

Grâce aux données des fournisseurs récoltées et interprétées par l’outil GCI, des analyses poussées ont été réalisées en interne sur l’impact de 35000 produits, en réunissant les fournisseurs en 170 familles. Cela représente +80% des achats en masse et en euros.

Christophe CHRISTEN

Responsable Méthodes Achats, Schmidt

À qui s’applique le SFDR ?

Catégorie Exemples Obligations
Acteurs des marchés financiers Sociétés de gestion, assureurs proposant des produits d’investissement, fonds de pension Publications au niveau de l’entité et de chaque produit
Conseillers financiers Conseillers en investissement et en assurance Publications sur la prise en compte des risques et des incidences
Acteurs non européens commercialisant dans l’Union Gestionnaires étrangers distribuant des fonds en Europe Mêmes exigences pour les produits commercialisés

 

Les entreprises industrielles et commerciales ne sont pas assujetties au SFDR. Elles subissent en revanche l’effet indirect : pour renseigner leurs propres publications, les gestionnaires ont besoin de données sur les sociétés qu’ils financent.

Articles 6, 8 et 9 du SFDR : les trois niveaux actuels

 

C’est la classification que tout le monde utilise, y compris commercialement, alors qu’elle n’a jamais été conçue comme un label.

 

Classement Contenu Exigence de publication
Article 6 Produits sans objectif ni caractéristique de durabilité Expliquer comment les risques de durabilité sont pris en compte, ou pourquoi ils ne le sont pas
Article 8 Produits promouvant des caractéristiques environnementales ou sociales Décrire ces caractéristiques, les indicateurs suivis et la méthode
Article 9 Produits ayant un objectif d’investissement durable Démontrer l’objectif, mesurer son atteinte, publier les indicateurs associés

 

Deux précisions utiles. Le classement est déclaratif et relève de la responsabilité du gestionnaire, sous le contrôle du régulateur national. Et la frontière entre les articles 8 et 9 a fait l’objet de nombreux reclassements, ce qui a nourri les critiques sur la lisibilité du dispositif.

Les obligations concrètes du SFDR

 

Elles se déclinent à deux niveaux.

Au niveau de l’entité. Publier sa politique d’intégration des risques de durabilité, sa politique de rémunération au regard de ces risques, et, pour les acteurs dépassant certains seuils, une déclaration sur les principales incidences négatives de ses décisions d’investissement. Ces incidences, connues sous le sigle PAI, reposent sur une série d’indicateurs obligatoires portant notamment sur les émissions de gaz à effet de serre, l’intensité carbone des sociétés détenues, l’exposition aux énergies fossiles, la consommation d’eau ou les questions sociales.

Au niveau du produit. Documents précontractuels, information sur le site internet et rapports périodiques doivent décrire la stratégie de durabilité, les indicateurs retenus et, le cas échéant, la part d’investissements alignés sur la taxonomie européenne.

C’est ce second niveau qui crée la demande de données. Un gestionnaire ne peut pas publier une intensité carbone de portefeuille s’il ne dispose pas des empreintes des sociétés qu’il détient.

SFDR, CSRD et taxonomie : comment tout s’articule

 

Ces trois textes forment un ensemble cohérent, souvent confondu par les entreprises comme par les investisseurs.

Texte Ce qu’il fait Qui il vise
CSRD Impose aux grandes entreprises de publier des informations de durabilité Entreprises de l’économie réelle
Taxonomie Définit ce qui peut être qualifié d’activité durable Entreprises et acteurs financiers
SFDR Impose aux financiers de publier comment ils intègrent les critères ESG Acteurs des marchés financiers

La logique est séquentielle : les entreprises publient, la taxonomie qualifie, les financiers agrègent et déclarent. C’est précisément pour cela que la réduction du champ de la CSRD, décidée en 2026, pose une difficulté aux gestionnaires : la source de données se réduit alors que les obligations de publication demeurent.

SFDR 2.0 : la refonte en cours

Le dispositif est en cours de réécriture, et le calendrier mérite d’être suivi.

La Commission européenne a présenté sa proposition de refonte le 20 novembre 2025. Elle transforme la nature du texte : d’un régime de transparence, il deviendrait un régime de catégorisation, avec trois catégories volontaires assorties de critères minimaux, en remplacement des articles 8 et 9 utilisés comme labels de fait.

Catégorie proposée Principe
Transition Fonds investissant dans des activités qui ne sont pas encore durables mais engagées sur une trajectoire crédible
ESG Basics Fonds appliquant des exclusions et des critères extra-financiers de base
Sustainable Fonds investissant dans des activités déjà durables, avec reconnaissance explicite de l’investissement d’impact

 

Plusieurs éléments structurants figurent dans la proposition : un seuil de contribution d’au moins 70 % aux objectifs de durabilité pour certaines catégories, des exclusions renforcées alignées sur les indices climatiques de référence, la suppression des incidences négatives au niveau de l’entité, et une réduction du périmètre excluant les conseillers financiers et la gestion de portefeuille individuelle.

Le parcours législatif est engagé mais loin d’être achevé. Le Conseil a adopté son mandat de négociation le 24 juin 2026, en proposant une application vingt-quatre mois après l’entrée en vigueur. Au Parlement européen, la commission des affaires économiques a présenté son projet de rapport le 3 juin 2026, avec plus de six cents amendements déposés, dont certains durcissent la proposition initiale, notamment en rétablissant la publication obligatoire des incidences négatives. Les négociations en trilogue sont attendues à partir du quatrième trimestre 2026, pour une application effective qui ne devrait pas intervenir avant la fin de la décennie.

Conséquence pratique : rien ne change dans l’immédiat pour les acteurs concernés, mais il serait imprudent de construire une stratégie de long terme sur la classification actuelle.

Ce que cela change pour une entreprise non financière

 

    C’est le point le plus souvent négligé, et pourtant le plus concret.

    Vos financeurs ont besoin de vos données. Banques, assureurs et investisseurs doivent renseigner des indicateurs d’intensité carbone, d’exposition aux énergies fossiles ou de consommation de ressources sur les entreprises qu’ils financent. En l’absence de données publiées, ils utilisent des estimations sectorielles, généralement pénalisantes.

    La qualité de l’information influence les conditions de financement. Une entreprise capable de fournir un bilan d’émissions documenté et une trajectoire de réduction crédible se distingue, aux yeux des investisseurs, d’un dossier renseigné par défaut.

    L’effort est mutualisable. Les mêmes données servent à répondre à un investisseur, à un donneur d’ordre soumis au reporting de durabilité et à un acheteur public. Il n’est pas nécessaire de construire un dispositif dédié à chaque demandeur.

    Trois questions que vos investisseurs vont vous poser

    Pour une entreprise financée par des fonds soumis au SFDR, la réglementation se matérialise sous la forme d’un questionnaire annuel. Trois blocs reviennent systématiquement.

    Vos émissions de gaz à effet de serre. Scopes 1 et 2 au minimum, scope 3 de plus en plus souvent, avec l’année de référence et la méthode de calcul. Les investisseurs en ont besoin pour publier l’intensité carbone de leur portefeuille, l’un des indicateurs ESG les plus scrutés du dispositif.

    Votre exposition aux activités controversées. Énergies fossiles, armement, tabac : les fonds doivent déclarer la part de leur portefeuille exposée à ces secteurs. Une réponse claire évite un classement par défaut défavorable.

    Votre trajectoire. Objectifs de réduction, plan d’investissement associé, gouvernance du sujet. C’est ce qui distingue, aux yeux d’un investisseur, une entreprise en transition d’une entreprise qui subit.

    Le réflexe utile est de préparer ce jeu de réponses une fois, de le documenter, puis de le réutiliser. Les mêmes éléments alimentent une demande de financement bancaire, un questionnaire ESG de donneur d’ordre et une réponse à un appel d’offres public.

    Les erreurs les plus fréquentes

    • Considérer qu’un fonds article 9 est nécessairement plus vertueux qu’un fonds article 8 : ce sont des régimes de publication, pas des notes.
    • Confondre le SFDR avec la taxonomie : le premier organise la transparence, la seconde définit les critères de durabilité.
    • Croire que le texte impose des exclusions : dans sa version actuelle, il impose de déclarer, pas d’exclure.
    • Attendre l’issue de la refonte pour se préparer, alors que la demande de données, elle, est déjà là.
    • Pour une entreprise, sous-estimer l’effet de l’absence de données sur ses conditions de financement.

    Comment Decarbo’Solution® intervient

    Nous n’intervenons pas sur la conformité SFDR des acteurs financiers, qui relève de spécialistes de la réglementation financière. Nous traitons ce que ces acteurs demandent à leurs participations et à leurs emprunteurs : des données carbone fiables et documentées. Decarbo’Inventory® pour l’inventaire des émissions sur les trois scopes, Decarbo’Supply® pour le poste achats qui domine le scope 3, Decarbo’Transport® pour la logistique en données primaires, Decarbo’Target® pour la trajectoire de réduction, et Decarbo’Asset® pour les fonds et les groupes multi-filiales qui doivent consolider la performance d’un portefeuille de participations. L’import d’un bilan existant est gratuit et sans perte d’historique. Une suite intégrée plutôt qu’un empilement d’outils, ce qui explique notre formule maison du SaaS carbone qui génère du cash. Nous tenons à votre disposition, sur simple demande, nos documents méthodologiques sur l’inventaire et le pilotage de portefeuille.

    FAQ

     

    Quelle est la définition exacte du SFDR ?

    Sustainable Finance Disclosure Regulation, en français règlement sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers. Il s’agit du règlement européen 2019/2088.

    Depuis quand s’applique-t-il ?

    Ses dispositions principales sont applicables depuis mars 2021, complétées début 2023 par les normes techniques précisant le contenu et le format des publications.

    Mon entreprise industrielle est-elle concernée ?

    Pas directement : le texte vise les acteurs financiers. Indirectement, oui, puisque vos financeurs vous demanderont les données nécessaires à leurs propres publications.

    Un fonds article 9 est-il forcément meilleur ?

    Non. La classification décrit une intention et un régime de publication, pas une performance vérifiée. C’est l’une des raisons de la refonte en cours.

    Qu’est-ce que les PAI ?

    Les principales incidences négatives, une série d’indicateurs mesurant les effets défavorables des décisions d’investissement, notamment sur le climat, l’eau, la biodiversité et les questions sociales.

    Quand SFDR 2.0 entrera-t-il en vigueur ?

    Le texte est en négociation. Les trilogues sont attendus à partir de fin 2026, et l’application effective interviendrait plusieurs années après, le Conseil proposant un délai de vingt-quatre mois après l’entrée en vigueur.