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Bilan Carbone® dans le BTP : la méthode ADEME pour décarboner

BTP ecologie et batiment

📌 Points clés

  • Le Bilan Carbone® est la méthode de comptabilité des émissions développée par l’ADEME et portée par l’Association pour la Transition Bas Carbone (ABC) ; il se distingue du BEGES réglementaire et des standards internationaux comme le GHG Protocol ou l’ISO 14064.
  • Le secteur du bâtiment et des travaux publics pèse environ 15,5 % des émissions directes nationales, et bien davantage une fois intégrés les matériaux et la construction.
  • Dans le BTP, le Scope 3 (matériaux, transport, sous-traitance) représente 60 à 90 % du total : c’est là que se joue la réduction.
  • À partir du 21 août 2026, tout marché public devra intégrer un critère environnemental mesurable, pesant 10 à 30 % de la note finale.
  • Un bilan GES bien exploité n’est pas une contrainte RSE : c’est un levier de marge, de compétitivité et de conformité.

3 Sommaire

Qu’est-ce que le Bilan Carbone® et que dit la méthode de l’ADEME ?

 

Réaliser un Bilan Carbone® selon la méthode de l’ADEME, c’est dresser l’inventaire complet des gaz à effet de serre (GES) émis par une organisation, un produit ou un territoire sur une période donnée. Pour le secteur du BTP, cette démarche est devenue incontournable : elle conditionne l’accès aux marchés, la maîtrise des coûts et la conformité réglementaire.

Il faut être précis sur les mots. Lorsqu’on parle de la méthode Bilan Carbone®, on désigne un outil méthodologique bien identifié, créé par l’ADEME au début des années 2000, puis confié depuis 2008 à l’Association pour la Transition Bas Carbone (ABC). C’est une marque déposée. Sa version la plus récente, la V9 publiée en 2024 et applicable en 2025, structure le travail en sept étapes et trois niveaux de maturité (initial, standard, avancé).

📗 Définition

Le Bilan Carbone® est la méthode de comptabilité des émissions de gaz à effet de serre développée par l’ADEME et portée par l’Association pour la Transition Bas Carbone (ABC). Elle couvre l’ensemble des postes d’émissions — énergie, déplacements, matières premières, fret, déchets, immobilisations — sur les trois scopes définis par le GHG Protocol.

Quand on évoque un calcul d’émissions sans préciser la méthodologie employée, le terme correct n’est pas « bilan carbone » mais bilan GES (bilan de gaz à effet de serre). Cette distinction n’est pas un détail sémantique : elle reflète la diversité des cadres méthodologiques disponibles, que nous détaillons ci-dessous.

💜 Le saviez-vous ?

La version 2025 de la méthode (V9) a été pensée comme un « guide d’excellence » favorisant l’amélioration continue. Elle introduit une approche modulaire et trois niveaux de maturité, qui permettent à une PME du BTP comme à un grand groupe de construire une démarche progressive et fiable.

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Bilan Carbone®, BEGES, GHG Protocol : quelles différences ?

 

Plusieurs méthodologies coexistent pour mesurer ses rejets de GES. Les confondre conduit à des erreurs de conformité. Voici les principales.

🏗️ Le BEGES réglementaire — Le Bilan d’Émissions de Gaz à Effet de Serre est l’obligation légale française (article L.229-25 du Code de l’environnement) pour les entreprises de plus de 500 salariés, les collectivités et certains établissements publics. La méthode Bilan Carbone® peut servir à instruire cette obligation, mais ne s’y substitue pas : le BEGES est un cadre légal, le Bilan Carbone® est une méthode privée.

🌱 Le GHG Protocol — Standard international de référence, il définit la fameuse répartition en trois scopes (émissions directes, énergie, et chaîne de valeur). La plupart des méthodes, dont le Bilan Carbone®, s’appuient sur cette architecture.

📊 L’ISO 14064 — Cette norme internationale encadre la quantification et la vérification des bilans GES à l’échelle d’une organisation. Elle est souvent mobilisée pour fiabiliser et faire auditer les données.

♻️ L’ISO 14067 — Dédiée à l’empreinte carbone produit (Product Carbon Footprint, ou PCF), elle devient essentielle dans le BTP pour chiffrer un matériau, un ouvrage ou une prestation.

📗 Définition

Les scopes segmentent les émissions : le Scope 1 regroupe les émissions directes (combustion sur chantier, flotte de véhicules), le Scope 2 l’énergie achetée (électricité, chaleur), et le Scope 3 toutes les émissions indirectes de la chaîne de valeur — de loin le poste le plus lourd dans la construction.

Schema 3 scopes

L’enjeu, pour un dirigeant du BTP, n’est pas de choisir « la » bonne norme, mais de disposer d’un socle de données unique, cohérent et réutilisable, du diagnostic réglementaire jusqu’au reporting financier.

Pourquoi le secteur du BTP est-il en première ligne ?

 

Le bâtiment et les travaux publics figurent parmi les activités les plus émettrices. Selon l’ADEME, les émissions directes du bâtiment représentaient 15,5 % des émissions nationales en 2024, soit 57,1 MtCO₂eq. Mais ce chiffre ne raconte qu’une partie de l’histoire.

Car il ne couvre que l’exploitation des bâtiments. Une fois intégrés la fabrication des matériaux, leur transport, la construction neuve et la fin de vie, le poids réel du secteur grimpe nettement : l’empreinte globale du BTP est régulièrement estimée autour d’un quart des rejets français. Le carbone « gris », incorporé dans le béton, l’acier ou l’aluminium, en constitue le cœur.

💜 Le saviez-vous ?

Dans le BTP, 60 à 90 % de l’empreinte carbone provient des fournisseurs : matériaux, sous-traitance et transport. Autrement dit, l’essentiel des émissions d’une entreprise du secteur ne se trouve pas dans ses murs, mais dans sa chaîne d’approvisionnement.

Le poids du Scope 3 dans la construction

Cette réalité change tout. Une entreprise qui ne mesure que ses émissions directes passe à côté de la quasi-totalité de son impact. Or, sans données fiables sur le Scope 3, impossible de répondre sérieusement à un donneur d’ordres qui réclame l’empreinte d’un projet — ni d’arbitrer entre deux fournisseurs sur un critère climatique.

La plupart des entreprises de taille intermédiaire ont déjà produit un bilan GES. Mais beaucoup le laissent dormir : une photo figée, datée, peu exploitable au quotidien. C’est précisément ce décalage entre « avoir mesuré » et « savoir piloter » qui sépare aujourd’hui les acteurs préparés des autres.

⚠️ Attention

À compter du 21 août 2026, en application de la Loi Climat et Résilience, tout marché public devra intégrer au moins un critère environnemental mesurable. Dans le BTP, ce critère pèsera entre 10 et 30 % de la note finale. Les réponses déclaratives, sans données traçables, ne seront plus recevables.

Comment réaliser le Bilan Carbone® d’une entreprise du BTP ?

La démarche suit une logique éprouvée, que la méthode formalise en plusieurs étapes. Voici les phases essentielles, adaptées aux réalités du secteur.

 

Étape 1 — Définir le périmètre et les scopes

On délimite d’abord le périmètre organisationnel (quelles entités, quels chantiers) et opérationnel (quels postes d’émissions). Dans la construction, il est crucial d’inclure dès le départ le Scope 3 : matériaux, fret amont, sous-traitance, déplacements. Un périmètre trop étroit fausse l’ensemble du diagnostic.

Étape 2 — Collecter les données d’activité

C’est l’étape la plus chronophage. Consommations d’énergie, litres de carburant, tonnes de matériaux achetées, kilomètres parcourus… Les données sont souvent fragmentées entre les services achats, RSE et logistique. La qualité du bilan GES dépend directement de la robustesse de cette collecte.

Étape 3 — Calculer les émissions

Chaque donnée d’activité est multipliée par un facteur d’émission issu de bases de référence comme la Base Empreinte® de l’ADEME, ou par des facteurs plus précis et personnalisés. Pour un matériau importé, un facteur générique surévalue souvent l’impact réel : d’où l’intérêt de données primaires fournisseurs.

Étape 4 — Construire le plan d’action et la trajectoire de réduction

Le calcul n’est pas une fin en soi. La méthode invite à hiérarchiser les postes, à fixer des objectifs et à bâtir un plan de transition. Des plateformes comme Decarbo’Solution® permettent aux entreprises du BTP de centraliser ces étapes : le module Decarbo’Inventory® structure le bilan GES sur les trois scopes, tandis que Decarbo’Target® transforme le diagnostic en trajectoire de réduction chiffrée, alignée sur les objectifs SBTi et exportable pour le comité de direction.

💜 Le saviez-vous ?

La migration d’un BEGES déjà réalisé avec un autre outil est généralement possible sans repartir de zéro. L’objectif est de capitaliser sur l’existant pour passer rapidement du diagnostic au pilotage opérationnel.

Du diagnostic au pilotage : transformer le bilan GES en avantage business

 

Voici le changement de regard décisif pour un dirigeant du BTP. Le carbone n’est plus seulement un indicateur extra-financier : c’est une ligne de coût, une assiette fiscale et un critère de compétitivité.

Trois leviers concrets se dégagent.

🏗️ Gagner des marchés. Avec un critère qui pèsera jusqu’à 30 % de la note, un score objectif et auditable devient un argument commercial direct. Le module Decarbo’Tender® intègre les empreintes produit (PCF, ISO 14067) dans les appels d’offres et sécurise juridiquement la comparaison des offres — un atout aussi bien pour répondre à un marché que pour le piloter côté donneur d’ordres.

🌱 Structurer le Scope 3 fournisseurs. Puisque l’essentiel des émissions vient des achats, l’enjeu est d’engager la chaîne d’approvisionnement. Decarbo’Supply® met à disposition des fournisseurs un portail gratuit de calcul guidé de leur empreinte produit, dont les données alimentent directement le Scope 3 du donneur d’ordres, sans ressaisie ni interprétation hasardeuse.

📊 Fiabiliser la donnée pour la CSRD et le reporting. Des données comparables et traçables transforment un reporting fragile en outil de pilotage réel.

L’exemple est parlant : un industriel accompagné est passé d’une incertitude de 50 % sur son Scope 3 à 5 % après structuration des données fournisseurs, identifiant au passage 242 tonnes de CO₂ réductibles en quelques semaines. Ce qui était un exercice de conformité est devenu un avantage concurrentiel mesurable.

⚠️ Attention

Le Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) est entré en phase définitive en 2026. Sans preuve du poids carbone réel de l’acier, du ciment ou de l’aluminium importés, l’UE applique des valeurs par défaut majorées — les plus élevées du marché. Pour une entreprise du BTP qui importe ces matériaux, l’absence d’empreinte produit certifiée se traduit directement par une surtaxation. Un PCF conforme à l’ISO 14067 agit comme un bouclier fiscal.

Obligations et échéances réglementaires à anticiper

 

Le calendrier se resserre, et le secteur de la construction est concerné sur plusieurs fronts. Voici les repères à intégrer dans votre démarche.

Le BEGES — Obligatoire pour les organisations de plus de 500 salariés, à renouveler périodiquement, avec un plan de transition associé.

La Loi Climat et Résilience — Critère environnemental obligatoire dans 100 % des marchés publics à partir du 21 août 2026.

Le MACF — Phase définitive depuis 2026 sur les matériaux importés (acier, ciment, aluminium…), avec une extension prévue aux produits transformés à l’horizon 2028.

La CSRD — Obligation de reporting de durabilité fiable et auditable, incluant le Scope 3 de toute la chaîne de valeur.

📗 Définition

La Compétitivité Carbone® désigne la capacité d’une entreprise à émettre moins de gaz à effet de serre que ses concurrents, à périmètre et qualité équivalents, et à transformer cette performance en avantage économique durable — marchés gagnés, marge protégée, risque crédit amélioré.

Anticiper, c’est se donner deux à trois ans de données historiques et de méthodes rodées quand les concurrents construiront dans l’urgence. Dans un secteur où le carbone devient un critère de sélection, ce temps d’avance se mesure en parts de marché.

Conclusion : faites de votre empreinte carbone un levier de compétitivité

 

Réaliser un Bilan Carbone® selon la méthode de référence n’est plus une simple formalité réglementaire pour le BTP : c’est le point de départ d’une stratégie de compétitivité. Entre la pression des marchés publics, la fiscalité du MACF et les exigences de la CSRD, l’entreprise qui maîtrise sa donnée d’émissions protège ses marges et remporte des marchés ; celle qui l’ignore subit.

La vraie différence ne se joue pas dans le calcul, mais dans l’exploitation. Passer d’un bilan GES figé à un pilotage vivant suppose un socle de données unique, du diagnostic à la trajectoire de réduction. C’est exactement ce que propose Decarbo’Solution®, la plateforme collaborative qui accompagne les entreprises du BTP de la mesure (Decarbo’Inventory®) à l’action (Decarbo’Target®), en passant par l’engagement des fournisseurs (Decarbo’Supply®) et la valorisation dans les appels d’offres (Decarbo’Tender®).

 

 

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