MACF: A Comprehensive Guide for Construction Companies on the Carbon Border Adjustment Mechanism
Points clés à retenir
- Le MACF est entré en phase définitive le 1er janvier 2026 : les importateurs européens doivent acheter des certificats proportionnels aux émissions incorporées dans certains biens importés.
- Six secteurs industriels sont concernés : ciment, fer et acier, aluminium, électricité, engrais et hydrogène. Le BTP est directement exposé par sa dépendance aux matériaux à fort contenu CO₂.
- À partir de 2028, la Commission européenne prévoit d’élargir le dispositif à 180 biens aval (finis et semi-finis), ce qui changera l’échelle de l’impact pour la filière construction.
- L’absence de données fiables expose les opérateurs à des valeurs par défaut pénalisantes — c’est le piège de « l’assiette subie ».
- Des solutions comme Decarbo’Solution® permettent aux acteurs du BTP de structurer leur démarche, mesurer leur empreinte et piloter leur exposition.
Contents
Qu’est-ce que le MACF et pourquoi concerne-t-il le BTP ?
Le MACF — mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, connu en anglais sous le nom de CBAM (Carbon Border Adjustment Mechanism) — est un règlement européen issu du Pacte vert.
Son objectif : empêcher les « fuites » qui se produisent lorsque des marchandises fabriquées dans des États tiers aux normes climatiques moins strictes entrent sur le marché de l’Union à moindre coût. La Commission européenne a mis en place ce dispositif pour que l’industrie de l’UE ne soit pas pénalisée par la transition pour le climat.
Pourquoi le secteur du BTP est-il en première ligne ?
Parce que la construction consomme massivement des matériaux à fort impact environnemental : acier, ciment, aluminium. Ces trois familles figurent dans le périmètre du dispositif depuis le 1er janvier 2026.
En France, le secteur du bâtiment et des travaux publics représente environ 23 % des rejets nationaux de gaz à effet de serre. La fabrication de liant hydraulique y contribue à hauteur de 2,9 %, et la fabrication d’acier de structure génère entre 1,8 et 2,4 t de CO₂ par unité produite. Face à ces ordres de grandeur, cette tarification a un impact majeur sur les coûts d’approvisionnement de l’industrie locale.
Longtemps, le CO₂ est resté un indicateur secondaire dans le BTP — utile pour le reporting RSE, rarement déterminant dans les arbitrages financiers. Ce cadre change la donne : il transforme le contenu environnemental en une variable de coût comparable à un droit de douane. Pour les directions des achats et les DAF, la mise en place de ce cadre normatif constitue un changement de paradigme.
Quels produits et secteurs sont visés ?
Les six catégories couvertes depuis 2026
Le dispositif s’applique aux flux de six catégories de biens en provenance de pays tiers :
- Ciment — Sa fabrication émet environ 656 kg de CO₂ par t. Le clinker importé est particulièrement visé.
- Fer et acier — Armatures, charpentes, structures métalliques : le cœur de la construction est concerné.
- Aluminium — Menuiseries, façades, équipements de ventilation. L’intensité peut atteindre 9,7 tCO₂e/t produite.
- Électricité acheminée depuis l’extérieur de l’Union.
- Engrais azotés
- Hydrogène
Le saviez-vous ?
- Ces six secteurs représentent à eux seuls 45 % des rejets industriels de l’UE. Mais le tournant majeur se prépare pour 2028 : la Commission a proposé en décembre 2025 (COM 2025/0419) d’étendre le périmètre à 180 biens aval — des articles finis et semi-finis contenant de l’acier ou de l’aluminium. Les équipements de chantier, les structures préfabriquées et les systèmes électriques de bâtiment seraient directement concernés.
Deux niveaux d’exposition pour la filière
Les grands groupes qui importent directement depuis des pays tiers deviennent « déclarants autorisés » : ils doivent s’enregistrer, déclarer le contenu CO₂ de leurs achats et acquérir les titres correspondants.
Les PME et ETI du secteur sont exposées indirectement : le surcoût est répercuté tout au long de la chaîne de fournisseurs. Sans anticipation, la compression des marges peut être brutale sur les marchés publics et privés de la construction.
Fonctionnement : certificats, quotas et calcul des émissions
Calendrier, période transitoire et enregistrement
La mise en œuvre du règlement est progressive, en parallèle de la suppression des quotas gratuits du système d’échange EU ETS :
- Octobre 2023 – Décembre 2025 : Période transitoire. Les opérateurs devaient déclarer le CO₂ de leurs achats, sans obligation financière. Cette période a permis aux États membres de préparer la mise en place du registre.
- Janvier 2026 : Entrée en phase définitive. Enregistrement obligatoire dans le registre national, communication annuelle, acquisition de titres.
- Mai 2027 : Première restitution de titres, portant sur les volumes de 2026.
- ~2028 : Extension prévue aux biens aval, sous réserve de vote final au Parlement et au Conseil.
- 2026 – 2034 : Suppression progressive des quotas gratuits, ce qui augmente le coût du dispositif.
Comment fonctionne le dispositif concrètement ?
Chaque importateur autorisé doit acquérir des certificats proportionnels au CO₂ incorporé dans les marchandises importées sur le territoire de l’Union. Le prix unitaire est indexé sur le cours moyen des quotas EU ETS. L’obligation porte sur les flux en provenance de pays hors d’Europe.
Attention
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Le prix du quota européen est passé de 73 €/t en moyenne en 2025 à un record de 88,31 €/t début 2026. La tendance est structurellement haussière à mesure que les allocations gratuites diminuent. Cette hausse amplifie directement l’impact sur les coûts d’importation.
Si une taxe locale a déjà été acquittée dans l’État de production, l’opérateur peut déduire ce montant du nombre de certificats à restituer. Pendant la période transitoire, aucun titre n’était requis. Depuis 2026, le montant est basé sur une moyenne trimestrielle du prix des quotas. Les valeurs par défaut s’appliquent lorsque les données réelles du fabricant ne sont pas disponibles.
Évaluation du contenu CO₂ incorporé dans les biens importés
Pour chaque lot importé, il faut déterminer les rejets incorporés : les émissions directes de production (scope 1), celles liées à l’énergie consommée (scope 2), et la composition du bien (intrants, procédés industriels). Cette détermination repose sur des données fournies par le fabricant dans l’État tiers — un exercice complexe lorsque la chaîne de production traverse plusieurs territoires. Le ratio en tonne de CO₂ par unité de produit constitue la base de la déclaration MACF.
Impact financier sur la filière bâtiment
Des surcoûts concrets à intégrer dans les budgets
Prenons un exemple chiffré. Une société qui réalise des achats de 10 000 t d’acier depuis la Turquie, avec une intensité de 2 tCO₂/t, devra acquérir des titres pour un montant de 1,5 à 1,8 million d’euros par an au prix actuel. Ce coût augmentera avec la disparition progressive des quotas gratuits EU ETS.
Pour le ciment importé, avec environ 0,65 tCO₂ par tonne de clinker, le surcoût atteint 48 à 57 €/t de produit. Rapporté aux volumes d’un chantier d’envergure, la facture devient un poste budgétaire significatif pour le secteur de la construction.
Le saviez-vous ?
- La France produit chaque année environ 16 millions de tonnes de liant, générant près de 10 MtCO₂e. Les achats de clinker, bien que minoritaires, progressent régulièrement. Le règlement vise précisément à rééquilibrer la compétitivité entre la fabrication européenne (soumise au marché EU ETS) et les marchandises importées de pays tiers.
Le piège de l’assiette subie : quand l’absence de données coûte cher
Lorsqu’un opérateur ne parvient pas à obtenir les données spécifiques de ses fournisseurs, il est contraint d’utiliser des valeurs par défaut calculées à partir des sites les plus polluants du secteur. L’écart entre ces valeurs et la réalité peut représenter des dizaines, voire des centaines d’euros par unité.
Attention
- Ce phénomène porte un nom : « l’assiette subie ». L’opérateur ne maîtrise plus sa base taxable — il la subit. Et la pénalité financière se retrouve directement dans la marge brute et l’EBITDA, pas dans un rapport RSE. C’est un risque financier pur, pilotable par la DAF.
La qualité des données : un enjeu financier de premier ordre
Au-delà du prix des quotas et des volumes, la vraie variable d’ajustement est la qualité des informations fournisseurs (PCF – Product Carbon Footprint). Une direction financière peut piloter ce risque avec trois indicateurs : le taux de couverture en données spécifiques, le score de qualité des PCF et le taux de recours aux valeurs par défaut. L’objectif : réduire rapidement l’assiette subie sur les postes les plus exposés.
2028 : l’extension aux produits aval, un basculement stratégique
Un changement d’échelle pour la construction
Jusqu’à présent, le dispositif ne couvrait que les matières premières brutes : bobines d’acier, profilés d’aluminium, clinker. Avec la proposition d’extension aux biens aval (COM 2025/0419), le CO₂ incorporé sera aussi comptabilisé dans les articles finis et semi-finis : moteurs, châssis, pièces usinées, engins de chantier, modules préfabriqués.
Définition
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Les biens aval sont des articles finis ou semi-finis qui intègrent des matériaux couverts par le MACF. Le dispositif suivra le contenu environnemental tout au long de la chaîne de valeur : de la fonderie jusqu’au module livré sur le chantier. L’opérateur qui introduit le bien fini devra obtenir les titres correspondants.
Pour les entreprises du BTP, cette extension touche directement les engins de chantier importés, les modules métalliques préfabriqués, la quincaillerie industrielle et les systèmes électriques de bâtiment.
Du reporting climatique au risque de marge
L’extension aux biens aval transforme le dispositif en instrument de tarification carbone. Ce n’est plus un sujet de compliance douanière : c’est une ligne de coût qui impacte la rentabilité. Deux sociétés du BTP peuvent acheter le même équipement au même prix fournisseur et pourtant supporter un surcoût très différent — selon que l’une aura structuré ses données et l’autre non. L’ajustement se fait par la qualité du reporting et la traçabilité des valeurs d’émission.
PCF « présent » vs PCF « CFO-grade » : la différence qui compte
En contexte post-2028, disposer d’un chiffre ne suffit pas. Il faut un chiffre défendable — vérifiable, documenté, traçable et reproductible. C’est la différence entre un indicateur RSE et une donnée opposable en cas de contrôle douanier.
Les approches génériques (moyennes sectorielles, proxys) offrent une première base, mais deviennent fragiles dès lors que l’enjeu est fiscal. My-PCF®, la solution d’évaluation de Decarbo’Solution®, permet de produire des PCF auditables conformes aux exigences du texte européen.
Le calendrier joue contre les retardataires
Même si l’extension vise 2028, la préparation doit commencer maintenant. Trois temporalités se chevauchent :
- Temps fournisseur : obtenir des données robustes et documentées prend 12 à 24 mois par vague
- Temps méthode : industrialiser un standard d’estimation homogène à l’échelle d’un portefeuille d’achats ne s’improvise pas
- Temps finance : les DAF ont besoin de visibilité budgétaire avant que la facture ne devienne effective
Le saviez-vous ?
- Attendre 2027 pour se préparer revient, dans la plupart des cas, à accepter une assiette par défaut — donc une surtaxation subie. Commencer dès maintenant permet de payer le minimum légalement possible et de protéger sa rentabilité.
Obligations et réglementation pour le secteur
Pour les déclarants directs : enregistrement et déclaration
Toute société introduisant dans l’Union des marchandises couvertes par le règlement doit :
- S’enregistrer auprès de l’autorité compétente en tant que déclarant autorisé
- Produire un reporting annuel (avant le 31 mai) détaillant le contenu CO₂ des flux de l’année précédente
- Acquérir et restituer des titres correspondant au volume déclaré
- Documenter la méthode de vérification avec une piste d’audit vérifiable
Après l’extension de 2028, la complexité augmentera : les informations devront couvrir des chaînes de fabrication multi-rangs à l’étranger, créant une dépendance documentaire dont chaque maillon doit fournir des données exploitables.
Pour les acteurs indirectement exposés
Les PME et ETI du BTP qui n’importent pas directement subissent néanmoins la hausse des prix des matériaux et équipements. Pour ces structures, l’enjeu est de :
- Comprendre l’origine environnementale de leurs achats
- Mesurer leur empreinte GES, en particulier le scope 3
- Identifier des leviers de réduction : fournisseurs moins intensifs, matériaux alternatifs, circuits courts
- Intégrer la variable CO₂ dans leurs réponses aux appels d’offres
Définition
- Le scope 3 couvre les rejets indirects liés à la chaîne de valeur — achats de matériaux, fret, sous-traitance en amont, utilisation des ouvrages en aval. Dans le BTP, le scope 3 représente souvent plus de 70 % du total.
Articulation avec les autres réglementations climatiques européennes
Le dispositif ne fonctionne pas isolément. Il s’inscrit dans un ensemble normatif convergent : la CSRD (reporting extra-financier), la RE2020 (seuils pour les bâtiments neufs en France), la taxonomie verte européenne et la SNBC (objectif de –40 % d’émission de GES dans le secteur immobilier d’ici 2030). L’ensemble pousse dans la même direction : rendre le coût du CO₂ visible, mesurable et pilotable pour l’ensemble du secteur.
Guide pratique : comment se préparer ?
Étape 1 : Cartographier ses flux d’importation
Identifier les biens et les matériaux concernés dans sa chaîne d’approvisionnement. Quels volumes sont importés ? De quelles origines ? Via quels fournisseurs ? En perspective 2028, quels articles finis contiennent des matériaux couverts ? Cette cartographie des importations constitue le socle de toute démarche de mise en conformité avec la réglementation.
Étape 2 : Mesurer son empreinte
Réaliser un bilan GES complet, incluant le scope 3, est indispensable pour identifier les postes les plus exposés. Decarbo’Solution® permet aux professionnels du BTP de piloter cette mesure de manière structurée, conforme aux standards ISO 14064 et GHG Protocol.
Étape 3 : Obtenir des données défendables
Le dispositif repose sur la qualité des informations fournisseurs. Un PCF exploitable doit être vérifiable, documenté, traçable et reproductible. My-PCF® permet de produire ce type de données auditables. Decarbo’Supply® complète cette approche en permettant le pilotage du portefeuille : priorisation des postes à risque, comparaison des performances, réduction de l’assiette subie.
Étape 4 : Contractualiser avec ses fournisseurs
L’information environnementale doit devenir une clause contractuelle progressive dans les relations avec les partenaires hors UE. Decarbo’Tender® permet d’industrialiser cette démarche : clauses PCF dans les appels d’offres, exigences de mise à jour, mécanismes bonus/malus sur la performance.
Étape 5 : Construire une trajectoire de réduction
Au-delà de la conformité, l’enjeu est de bâtir un plan de décarbonation crédible. Simuler des scénarios d’approvisionnement, fixer des objectifs alignés sur les accords de Paris et les trajectoires SBTi : c’est ce que permet Decarbo’Target®, le module de trajectoire de Decarbo’Solution®.
Le saviez-vous ?
- La méthode « hotspots » est la plus efficace : concentrer l’effort de collecte sur les 20 % de références qui représentent 80 % du risque, puis étendre progressivement. Le PCF doit cependant être de qualité « CFO-grade » dès le départ — même sur un périmètre réduit.
Transformer la contrainte climatique en avantage
Le MACF n’est pas une simple formalité administrative. C’est un règlement qui donne un prix réel et croissant au CO₂ incorporé dans les marchandises importées sur le marché européen. Pour l’industrie du BTP, l’impact sera structurel — d’autant plus avec l’extension prévue aux biens aval en 2028, qui élargit considérablement le périmètre de la réglementation.
La question n’est plus « faut-il s’intéresser au sujet ? » mais « a-t-on structuré nos données fournisseurs et notre capacité de calcul des émissions ? ». Ceux qui auront organisé leur collecte et leur enregistrement paieront le juste prix. Les autres subiront l’assiette par défaut et les surcoûts associés à la transition.
Decarbo’Solution® accompagne les professionnels du BTP dans cette transition avec une suite complète : calcul de PCF auditables (My-PCF®), pilotage des fournisseurs (Decarbo’Supply®), contractualisation (Decarbo’Tender®) et trajectoire bas carbone (Decarbo’Target®).
Attention
- La première restitution de certificats interviendra en mai 2027 pour les flux de 2026. La montée en qualité des données fournisseurs prend 12 à 24 mois. Chaque mois perdu augmente le risque de basculer vers des valeurs par défaut coûteuses.
Maîtriser ses données, c’est maîtriser sa facture. Ne subissez pas le MACF — anticipez-le.
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