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Bilan d’émissions de GES (BEGES) d’un  chantier BTP : guide pour décarboner vos projets

Macf Guide

Key points to learn in this article

  • Le BTP représente environ 25 % des émissions de CO₂ en France, dont 60 à 90 % proviennent du Scope 3 (matériaux, transport, sous-traitance).
  • Dès août 2026, chaque marché public devra intégrer un critère environnemental mesurable pesant entre 10 et 30 % de la note finale.
  • Le Beges BEGESd’un chantier ne se limite pas à une photo figée : il doit devenir un outil de pilotage opérationnel et financier.
  • Des plateformes comme Decarbo’Solution® permettent aux entreprises de structurer, mesurer et réduire concrètement leur empreinte sur chaque projet.
  • Le MACF impacte directement les matériaux importés utilisés dans le bâtiment : acier, ciment, aluminium.

3 Contents

Qu’est-ce qu’un BEGES chantier dans le BTP ? 

Le BEGES d’un chantier BTP consiste à quantifier l’ensemble des gaz à effet de serre (GES) générés par les activités de construction, de rénovation ou de démolition. Cette comptabilisation couvre l’ensemble du projet — de l’extraction des matières premières à la déconstruction du bâtiment, en passant par la fabrication des composants, le transport, la mise en œuvre sur site et la gestion des déchets. 

Contrairement à une idée reçue, cette évaluation ne se cantonne pas aux seuls rejets directs du chantier. Elle englobe aussi les émissions indirectes liées à la chaîne d’approvisionnement, qui représentent la part la plus significative du total. 

Définition : Le BEGES d’un projet mesure les rejets directs et indirects de CO₂ associés à une opération. Il s’articule autour de trois périmètres : le Scope 1 (rejets directs sur site), le Scope 2 (énergie achetée) et le Scope 3 (chaîne de valeur amont et aval — matériaux, transport, déchets).

Pour les entreprises du bâtiment, cette démarche est devenue bien plus qu’un exercice de conformité. C’est un levier stratégique pour sécuriser des marchés, maîtriser les coûts et anticiper la transition du secteur de la construction. 

Pourquoi évaluer les émissions de vos opérations ? 

Un enjeu de compétitivité pour le secteur 

La filière du bâtiment est l’une des plus émettrices en France. Avec environ 25 % des émissions nationales de CO₂, le BTP se retrouve en première ligne. Mais au-delà de l’impératif écologique, l’évaluation carbone d’une opération répond désormais à des enjeux très concrets pour les entreprises. 

Sécuriser les appels d’offres publics. À partir du 21 août 2026, la Loi Climat et Résilience impose l’intégration d’au moins un critère environnemental mesurable dans chaque marché public. Le critère fondé sur un PCF (Product Carbon Footprint) conforme à la norme ISO 14067 pèsera entre 10 et 30 % de la note finale. Sans score auditable, une entreprise du secteur risque simplement l’exclusion. 

Protéger ses marges face à la fiscalité carbone. Le mécanisme d’ajustement aux frontières (MACF) taxe dès 2026 les importations d’acier, de ciment et d’aluminium — des composants massivement utilisés dans la construction. Sans preuve du poids carbone réel de ces produits, les acteurs se voient appliquer des valeurs par défaut très pénalisantes. 

Répondre aux exigences des donneurs d’ordres. Grands groupes, collectivités, maîtres d’ouvrage : tous demandent désormais des informations fiables sur le volet environnemental à leurs prestataires. La CSRD renforce cette pression sur la chaîne de valeur. 

Did you know? 

  • Chez Schmidt Groupe, la structuration des informations fournisseurs a permis de passer d’une incertitude Scope 3 de 50 % à seulement 5 %, tout en identifiant 242 tonnes de CO₂ réductibles en quelques semaines. Ce résultat montre qu’un pilotage structuré peut générer un retour sur investissement rapide pour les entreprises engagées dans la décarbonation. 

Les risques concrets de l’inaction 

Ne pas évaluer l’impact de ses opérations, c’est s’exposer à quatre risques simultanés : 

  • Perte de marchés : sans score environnemental objectif, les entreprises sont progressivement exclues des appels d’offres. 
  • Érosion des marges : les coûts liés au MACF et à l’ETS, non maîtrisés, érodent directement le résultat opérationnel.
  • Retard concurrentiel : les acteurs qui structurent déjà leur démarche prennent une avance difficile à combler.
  • Non-conformité réglementaire : CSRD, obligations 2026 — le risque juridique s’amplifie chaque année. 

    The main sources of GHG emissions at a site

    Les matériaux : le poste le plus lourd 

    Sur un projet typique, les intrants représentent la source de GES la plus significative. Le ciment est particulièrement émetteur : sa fabrication génère des quantités importantes de CO₂, tant par la décarbonatation du calcaire que par l’énergie nécessaire à la cuisson du clinker. L’acier, l’aluminium et les autres métaux de structure contribuent également fortement au résultat global.

    Les produits de second œuvre ne sont pas en reste. Peintures, isolants, revêtements, menuiseries : chaque composant possède son propre poids en CO₂, qui varie selon son origine, son procédé de fabrication et la distance de transport. En France, des études montrent que l’utilisation de matériaux biosourcés (bois, chanvre, paille) peut réduire de 30 à 50 % le poids CO₂ d’un ouvrage par rapport à une approche conventionnelle.

    Warning 

    • Avec l’entrée en vigueur du MACF en 2026, les acteurs du secteur qui importent de l’acier, du ciment ou de l’aluminium hors Union européenne seront directement impactées. Sans PCF certifié ISO 14067 pour ces produits, elles subiront une taxation par défaut — souvent la plus pénalisante du marché. 

    Le transport et la logistique 

    L’acheminement des produits, des engins et des équipes constitue le deuxième poste de GES. La distance entre les sites d’approvisionnement et le terrain, le mode de déplacement utilisé (routier, ferroviaire, maritime) et l’optimisation logistique ont une incidence directe sur le total. 

    Les engins eux-mêmes — pelleteuses, grues, bétonnières, compresseurs — fonctionnent majoritairement au diesel et représentent une part non négligeable des rejets directs (Scope 1). 

    La consommation d’énergie sur site 

    La consommation énergétique couvre l’alimentation électrique des installations (bases vie, éclairage, outils), le chauffage éventuel en phase de séchage, et l’ensemble des process. Ce poste, bien qu’inférieur aux matériaux et au transport, reste un levier d’optimisation accessible — en particulier pour les chantiers de longue durée où la performance énergétique a un effet cumulé significatif. 

    Les déchets 

    Le secteur du BTP génère chaque année plus de 200 millions de tonnes de déchets en France. Leur traitement — collecte, tri, acheminement vers les filières de valorisation ou d’enfouissement — contribue au total. La gestion efficace des déchets, incluant le réemploi et le recyclage, permet de limiter significativement ce poste tout en diminuant la consommation de matériaux neufs. 

    L’eau et les ressources naturelles 

    L’utilisation d’eau sur un chantier (béton, nettoyage, forage) et l’exploitation des ressources naturelles génèrent aussi des émissions indirectes. Si ce poste pèse moins que les matériaux ou le transport, il fait néanmoins partie de l’évaluation complète, notamment dans les études de cycle de vie des bâtiments neufs. 

    What methodology should be used to measure a project's environmental footprint?

    Les référentiels disponibles 

    Plusieurs méthodologies permettent de quantifier les GES dans le secteur de la construction. La méthodologie Bilan Carbone® de l’ADEME est la plus répandue en France. Elle propose un cadre structuré pour comptabiliser les rejets sur les trois scopes, avec des facteurs adaptés au contexte français. 

    Le GHG Protocol est la référence internationale. La norme ISO 14064 encadre le reporting au niveau de l’organisation, tandis que l’ISO 14067 se concentre sur le poids CO₂ des produits (PCF). 

    Pour la construction spécifiquement, l’analyse du cycle de vie (ACV) selon la RE2020 intègre un indicateur dans la réglementation environnementale des ouvrages neufs. Cette ACV évalue l’ensemble des phases : conception, construction, exploitation, rénovation et déconstruction. 

    Definition

    • Le PCF (Product Carbon Footprint) additionne les GES sur l’intégralité du parcours d’un produit : matières premières, procédés de fabrication, transport et usage. Certifié selon la norme ISO 14067, il constitue une donnée explicable, comparable et défendable face à un auditeur ou un acheteur public. 

    Les trois scopes appliqués aux opérations 

    La répartition suit la logique suivante : 

    • 🔴 Scope 1 — Rejets directs : carburants des engins, groupes électrogènes, combustion sur site. Ce périmètre est le plus visible mais souvent le plus faible en volume. 
    • 🟠 Scope 2 — Rejets indirects liés à l’énergie : électricité achetée pour alimenter le site, chauffage des locaux provisoires, etc. 
    • 🔵 Scope 3 — Chaîne de valeur : matériaux, transport amont, sous-traitance, déchets. Ce périmètre représente 60 à 90 % du total dans le BTP. 

    C’est précisément ce Scope 3 qui pose le plus grand défi. Les informations proviennent de dizaines, voire de centaines de fournisseurs différents, sous des formats hétérogènes.  

    Pour structurer cette collecte de manière industrielle, des plateformes comme Decarbo’Supply® proposent un portail gratuit pour les fournisseurs, avec des masques de saisie standardisés et un enrôlement en cascade. 

    Données primaires vs génériques 

    La fiabilité d’une évaluation dépend directement de la qualité des informations utilisées. Les facteurs génériques (moyennes par type de produit) permettent une première estimation mais présentent des marges d’incertitude élevées, souvent supérieures à 50 %. 

    Les données primaires — mesures réelles provenant des fournisseurs et des processus de fabrication — offrent une précision bien supérieure. Un PCF structuré selon ISO 14067 avec ces mesures peut atteindre un niveau d’incertitude de l’ordre de 5 %, rendant le résultat véritablement exploitable pour la prise de décision. 

    Did you know?

    • Un PCF généré par intelligence artificielle peut produire une estimation rapide, mais il reste dépendant de la qualité des hypothèses. Il ne présente ni le niveau de traçabilité, ni l’auditabilité attendus dans un contexte de conformité réglementaire. Les entreprises qui visent un label ou une certification doivent s’appuyer sur des études méthodologiques robustes. 

    2028: Expansion into downstream products—a strategic shift

    A New Scale for Construction

     

    Until now, the system has covered only raw materials: steel coils, aluminum profiles, and clinker. With the proposed expansion to downstream goods (COM 2025/0419), embedded CO₂ will also be accounted for in finished and semi-finished products: engines, chassis, machined parts, construction equipment, and prefabricated modules. 

    From climate climate reporting 

     

    Extending the system to downstream goods transforms it into a carbon pricing tool. It is no longer a matter of customs compliance; it is a cost line that impacts profitability. Two construction companies may purchase the same equipment at the same supplier price and yet incur very different additional costs —depending on whether one has structured its data and the other has not. The adjustment is determined by the quality of the reporting and the traceability of emission values.

    "Current" PCF vs. "CFO-grade" PCF: The Difference That Matters 

    In the post-2028 context, simply having a number isn’t enough. You need a number that can be defended—one that is verifiable, documented, traceable, and reproducible. That’s the difference between a CSR indicator and data that can be used as evidence during a customs inspection. 

    Generic approaches (sector averages, proxies) provide a starting point, but become unreliable when tax implications are involved.My-PCF®,Decarbo’Solution®’s assessment solution, enables the production of auditable PCFs that comply with European regulations. 

    The schedule works against latecomers 

    Even though the expansion is scheduled for 2028, preparations must begin now. Three timeframes overlap: 

    • Supplier lead time : Obtaining robust, documented data takes 12 to 24 months per wave 
    • Methodology : Standardizing a consistent estimation method across an entire procurement portfolio cannot be done on the fly 
    • Finance Timeline : CFOs need budget visibility before the invoice becomes due 

    Did you know? 

    • Waiting until 2027 to prepare means, in most cases, accepting a default tax base —and thus being subject to excessive taxation. Starting now allows you to pay the legal minimum and protect your profitability. 

    Requirements and Regulations for the Industry

    For direct filers: registration and filing 

    Any company that imports goods covered by the regulation into the Union must: 

    • Register with the competent authority as an authorized declarant 
    • Submit an annual report (by May 31) detailing the CO₂ content of the previous year’s flows 
    • Acquire and return securities corresponding to the reported volume 
    • Document the verification method with a verifiable audit trail 

    After the 2028 expansion, the complexity will increase: the information will need to cover multi-tiered manufacturing chains overseas, creating a chain of documentation in which each link must provide usable data. 

    For parties indirectly exposed 

    SMEs and mid-sized companies in the construction industry that do not import directly are nonetheless feeling the impact of rising prices for materials and equipment. For these organizations, the challenge is to: 

    • Understanding the environmental origins of their purchases 
    • Measure their GHG footprint, particularly Scope 3 
    • Identify ways to reduce emissions: less resource-intensive suppliers, alternative materials, short supply chains 
    • Incorporate the CO₂ factor into their responses to requests for proposals 

    Definition 

    • The Scope 3 covers indirect emissions related to the value chain —material purchases, freight, upstream subcontracting, and downstream use of structures. In the construction industry, Scope 3 emissions often account for more than 70% of the total. 

    Coordination with Other European Climate Regulations 

     

    The system does not operate in isolation. It is part of a convergent regulatory framework: the CSRD (non-financial ), RE2020 (thresholds for new buildings in France), the European Green Taxonomy, and the SNBC (a target of a 40% reduction in GHG emissions in the real estate sector by 2030). Together, these initiatives are moving in the same direction: making the cost of CO₂ visible, measurable, and manageable for the entire sector. 

    Practical Guide: How to Prepare? 

    Step 1: Map Your Import Flows 

    Identify the goods and materials in question within your supply chain. What volumes are imported? From which sources? Through which suppliers? Looking ahead to 2028, which finished products contain materials covered by the regulations? This mapping of imports forms the foundation of any effort to ensure compliance with the regulations. 

    Step 2: Measure Your Footprint 

    Conducting a comprehensive GHG inventory, including Scope 3, is essential for identifying the areas most at risk. Decarbo’Solution® enables construction professionals to manage this process in a structured manner, in compliance with ISO 14064 and GHG Protocol standards . 

    Step 3: Obtain Defensible Data 

    The system relies on the quality of supplier information. A usable PCF must be verifiable, documented, traceable, and reproducible. My-PCF® enables the generation of this type of auditable data. Decarbo’Supply® complements this approach by enabling portfolio management: prioritizing high-risk items, comparing performance, and reducing the carbon footprint. 

    Step 4: Enter into contracts with suppliers 

    Environmental information must become a progressive contractual provision in relations with non-EU partners. Decarbo’Tender® enables the widespread adoption of this process: PCF clauses in requests for proposals, update requirements, and performance-based incentive/penalty mechanisms. 

    Step 5: Develop a Reduction Plan 

    Beyond compliance, the challenge is to develop a credible decarbonization plan. Simulate supply scenarios and set targets aligned with the Paris Agreement and the SBTi’s pathways SBTi —that’s what Decarbo’Target®, the trajectory module of Decarbo’Solution®. 

    Did you know?

    • The “hotspots” method is the most effective: focus data collection efforts on the 20% of items that account for 80% of the risk, then gradually expand. However, the PCF must be of “CFO-grade” quality from the outset—even within a limited scope. 

    Turning Climate Challenges into Opportunities 

     

    The MACF is not merely an administrative formality. It is a regulation that places a real and increasing price on the CO₂ embedded in goods imported into the European market. For the construction industry, the impact will be structural—all the more so with the planned extension to downstream goods in 2028, which will significantly broaden the scope of the regulation. 

    The question is no longer“Should we be concerned about this issue? ” but “Have we structured our supplier data and our capacity to calculate emissions? ” Those who have organized their data collection and recording will pay a fair price. The others will be subject to the default tax base and the additional costs associated with the transition. 

    Decarbo’Solution® supports construction professionals in this transition with a comprehensive suite of solutions: calculation of auditable carbon footprints (My-PCF®), supplier management (Decarbo’Supply®), contract management (Decarbo’Tender®), and low-carbon trajectory planning (Decarbo’Target®). 

    Warning 

    • The first certificate submission will take place in May 2027 for the 2026 data sets. Improving the quality of supplier data takes 12 to 24 months. Every month lost increases the risk of falling back on costly default values. 
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